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mardi 10 janvier 2017

In Tenebris (Maxime Chattam)

In Tenebris (Maxime Chattam)


Une femme, hystérique et entièrement nue, est retrouvée dans les rues de New York en plein hiver avec, à la main, un scalp. Très vite, les autorités comprennent que cette femme n’est pas la seule victime d’un nouveau genre de tueurs. Avec cette enquête, il est possible qu’Annabelle, assistée en secret par Joshua Brolin, ouvre les portes de l’enfer…

Deuxième tome de la trilogie du mal, le livre s’ouvre, comme il se doit avec un évènement qui semble n’avoir aucun rapport avec tout le reste. Il faut, comme d’habitude, attendre la toute fin pour raccrocher tous les wagons.

J’avais cependant un peu peur de relire un Âme du Mal qui déjà m’avait fait penser à Léviatemps ou encore le Requiem des Abysses (oui, je n’ai pas lu les œuvres de Chattam dans l’ordre). D’ailleurs, au-delà de retrouver les mêmes principes, ce qui en soit est entendu et attendu, il y a quelques particularités que l’on retrouve dans le déroulement de l’enquête, comme faisant écho au premier tome.

Ceci étant, In Tenebris offre son lot de surprises et nous entraîne dans un univers encore plus sombre et sordide. Au fur et à mesure de la lecture, prenant conscience de ce qui se passe, on en vient à avoir peur de lire ce dénouement qui ne laisse aucune ambiguïté.

Chattam sonde ce qu’il y a de plus sinistre en l’être humain et dévoile une noirceur jusque là inégalée. Menée tambour battant, l’enquête rebondit sans cesse, parsemant ici ou là quelques surprises de taille et gardant le suspense intacte jusque dans les derniers chapitres où tout s’emballe.

Outre son histoire, l’auteur décrit New York dans un climat hivernal qui ne manque pas de rendre l’atmosphère encore plus lourde et malsaine. Le froid et la neige s’invite donc auprès du lecteur pris dans la tourmente.
Son héros, Joshua Brolin, qui refait ici surface, n’est plus le même personnage que dans le premier volume. Sans entrer dans les détails de ce qui l’a amené à évoluer, Chattam fait confiance à son lecteur pour lire ce qui se passe dans son Âme du Mal mais ne nous perd pas pour autant avec des détails incompréhensibles si jamais nous n’avons pas lu ce premier tome. Les romans se lisent indépendamment les uns des autres mais il est intéressant de voir l’évolution de cette âme torturée qu’est Brolin. À noter tout de même qu’en fin de volume, Chattam se permet d’annoncer le retour prochain de son héros.

Une nouvelle enquête plus sombre que la précédente, un rythme enlevé, sans temps morts, des personnages intéressants qui ne s’en sortent jamais indemnes, un propos redoutable d’efficacité, une critique de la société sans concession, c’est tout In Tenebris. Une lecture rapide et prenante, comme souvent chez Chattam. Malgré cette peur de la redite, je suis heureux de voir que l’auteur a su sortir de la facilité et nous offrir un excellent roman, marquant et immersif.

samedi 1 octobre 2016

L'Âme du Mal (Maxime Chattam)

L'Âme du Mal (Maxime Chattam)



Après deux ans passé au FBI, Joshua Brolin met ses talents de profileur au service de la police criminelle de Portland, cherchant à oublier son expérience décevante au bureau fédéral. Une affaire hors du commun va alors capter toute son attention : celle du Bourreau de Portland, un tueur en série qui kidnappe des jeunes femmes pour les torturer avant de les tuer...

C’est du Chattam de toute évidence et on ne pourra pas, malheureusement, quelque part, le lire sans penser à ce que fait FranckThilliez (et vice versa) tant les deux auteurs ont une plume approchante. Du coup, les histoires commencent de la même manière et L’Âme du Mal ne fait pas exception.

Ceci dit, on se retrouve en terrain connu avant de prendre une première balle vers la page 70. On se demande alors ce qui se passe. Tranquillement installé dans cette histoire qui débute tambour battant, voilà que l’auteur nous retourne et nous gicle sans concession de son propre récit.
Bien évidemment, c’est pour mieux nous introduire dans la suite et nous le faire apprécier... jusqu’à un certain point.

Ayant tout d’abord lu Léviatempset Le Requiem des Abysses, je n’ai pas les mêmes références sur l’auteur puisque les romans suscités constituent pour moi la confirmation que Chattam est un grand. Seulement voilà, en ayant lu L’Âme du Mal, je me suis aperçu qu’il y avait quelque part une sorte de recyclage d’idées et non pas une seconde vision, une autre version, une autre approche des horreurs qu’il veut traiter.

Et si je parlais de Thilliez plus haut, ça n’est pas anodin puisque j’ai également retrouvé ici des similitudes dans les histoires. Qui a influencé qui ? Il est probable que Chattam ait eu le premier la bonne idée mais là encore rien de moins sûr. Reste alors le ressenti et pour moi, c’est clairement du déjà-vu au point que le dénouement ne m’a pas surpris, voire qu’il était d’un classique épouvantable. Avec le temps, il y a des choses qui ne se font plus car déjà exploitées maintes fois. Reprendre certains principes devient d’une facilité déconcertante et forcément décevante. D’accord, le livre a été publié il y a dix ans mais malheureusement, à cause de ça et à la différence des Abysses du Temps, L’Âme du Mal ne sera pas intemporel.

Là est donc ma déception sur ce roman qui reste tout de même excellent, dans la lignée de ce que j’ai pu lire de l’auteur jusqu’ici. Il n’empêche que j’ai ce goût amer de la facilité et de la redite au fond de la gorge. Il ne faudrait pas que ça se confirme et que je ne prenne pas la suite des aventures de Brolin pour constater que je relis une troisième fois la même histoire avec des détails différents.

Sans cela les personnages de L’Âme du Mal sont attachants, jamais plus fouillés qu’il ne le faut et si je devais faire une autre remarque déplaisante, ça serait que Chattam n’a pas laissé assez de place à ces personnages justement, ne pouvant s’empêcher de prendre le rôle du professeur pour balancer sa science. Mais bon, je pardonne car on sent bien que c’est fait avec passion et une envie de partager et pas, comme certains le font, afin de prouver qu’ils sont plus intelligents que les autres.

Point de vue ambiance, encore une fois, c’est dark. Si les personnages sont attachants, rien ne leur est épargné, laissant toujours planer un semblant de folie et ne parlons pas de l’assassin lui-même qui est le summum de toute cette démence, évidemment.
Comme souvent, pour ne pas dire toujours, chez Chattam, le fantastique vient se faufiler dans l’histoire et c’est encore une fois très réussi. Quand on connait l’auteur, on vient alors se demander comment il va faire pour rationaliser ces faits prétendument surnaturels.

Une bonne lecture, à n’en pas douter, malgré ce sentiment de déjà-vu et cette déception dans le dénouement de l’affaire.