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mardi 18 avril 2017

La Mémoire Fantôme (Franck Thilliez)

La Mémoire Fantôme (Franck Thilliez)

Quatre minutes. C'est le temps d'un souvenir pour Manon. Après, tout s'efface. Puis recommence. Pour quatre minutes.
Dans ces conditions, pas facile pour Lucie Hennebelle, lieutenant à la brigade criminelle de Lille, de trouver par qui la jeune femme vient d'être agressée. Et de comprendre la signification des mots gravés au creux de sa paume : "Pr de retour."
S'agit-il du Professeur, ce tueur en série qui a sévi quatre ans plus tôt dans la France entière, semblant obéir à quelque sordide logique mathématique ?
Lucie le pressent, la clé de cette affaire jamais résolue réside dans la mémoire fragmentée de Manon. Une mémoire à laquelle plus personne n'a accès, pas même l'intéressée…

Sans dire que La Chambre des Morts n'était pas à la hauteur, loin de là, on sent Thilliez beaucoup plus investi par son histoire et ses personnages avec La Mémoire Fantôme. Bon, d'accord, j'avoue aussi être très intéressé par tout ce qui touche le cerveau, je trouve cela passionnant. Alors quand l'auteur décortique les différentes mémoires et tente de nous faire vivre le calvaire de Manon, forcément, ce n'est que du bonheur... Oui enfin, vous avez compris.

La partie médicale justement est extrêmement bien documentées, expliquant les choses simplement, vulgarisant les principes mémoriels, une sorte de La Mémoire pour les Nuls, ne rentrant jamais dans des concepts qui nous dépasseraient et qui briseraient le rythme de l'histoire.

Encore une fois, le livre se lit assez rapidement, mené tambour battant et même si l'on n'a pas lu La Chambre des Morts, nous en apprenons assez sur l'héroïne, Lucie, comme s'il s'agissait d'un nouveau personnage. Son histoire débutée dans le premier tome s'affine, apportant les réponses aux questions déjà présentées, approfondissant un peu plus le personnage qui n'a peut-être pas fini de se dévoiler à nous.

L'intrigue est assez tortueuse, surtout avec le personnage de Manon, difficile à cerne, à comprendre, à suivre. Mais l'habileté de Thilliez fait qu'on ne se perd pas pour autant, arrivant même à enquêter de notre côté, pour chercher à anticiper cette histoire de fou. Une histoire sordide, encore une fois où l'horreur peut venir se mêler au reste mais une fois de plus, l'auteur se concentre surtout sur le côté psychologique de ses personnages, sans s’appesantir sur des descriptions horrifiques.

L'horreur vient aussi du calvaire vécu par Manon ; je me suis souvent retrouvé à douter de tout ce qui se passait, de tout ce qui était dévoilé, me demandant si je n'étais pas aussi perdu que Manon en remettant tout en question.

Au final, les révélations ne sont pas des plus fracassantes. Disons qu'en ce qui me concerne, j'étais plus passionné par tout cet aspect mémoire. Du coup, la recherche du coupable est passée au second plan, ainsi que le pourquoi de ses agissements. Ce n'est pas un reproche pour autant, tout le travail de documentation de Thilliez est remarquable et permet à lui seul de rendre ce roman captivant.

dimanche 10 juillet 2016

La Chambre des Morts (Franck Thilliez)

La Chambre des Morts (Franck Thilliez)

J’avais lu Puzzle. La Chambre des Morts était un moyen de découvrir une œuvre plus ancienne, histoire de comparer. Le style reste le même évidemment. Quelque chose de très rapide, rythmé seulement Puzzle était mieux construit à mon sens. Si au prologue on ne sait absolument pas ce qui nous attend ni quand et comment il sera rattaché à la suite, je n’ai eu aucun mal à anticiper ce qui suivait.

On s’y perd parfois dans cette histoire qui tourne d’un seul coup dans l’horreur la plus absolue. Les descriptions peuvent remuer l’estomac mais c’est le côté psychologique, cette folie étalée au long des pages, qui marque le plus. Nous sommes propulsés dans la partie la plus sordide de l’âme humaine, avec ces penchants les plus immoraux et rebutants.

Les effets à suspense sont quelque peu poussifs, pas aussi bien maîtrisés que dans Puzzle, laissant ainsi un arrière goût de frustration, une impression de s’être fait avoir mais dans le mauvais sens du terme.

Quoi qu’il en soit, cette atmosphère sombre fonctionne parfaitement. Le personnage principal, Lucie, reste aussi inquiétant que le tueur qu’elle traque et presque aussi énigmatique. Dommage que les effets de manche bancals viennent casser le charme de cette histoire peu ordinaire.