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dimanche 25 décembre 2016

Cycle Elric, tome 2 - La Forteresse de la Perle (Michael Moorcock)

Cycle Elric, tome 2 - La Forteresse de la Perle (Michael Moorcock)


Elric parvient à une cité dans le désert, à bout de force, à la limite de mourir. Un membre du conseil administrant cette cité lui propose un élixir pour reprendre des forces. Mais Elric se fait duper. Pour sauver sa vie, il va devoir atteindre la Forteresse de la Perle et ramener un joyau dépassant toutes les richesses jamais imaginées. Seulement, il comprendra très vite que cette forteresse, dont on parle comme d’une légende, est enfouie dans les rêves d’une jeune fille plongée dans le coma...

Emprunt de grandes philosophies, Moorcock nous entraîne cette fois-ci dans le plus pure imaginaire où son héros albinos et malade va devoir se dépasser pour en revenir sain et sauf.

De ce voyage initiatique, Elric en tire de nombreux concepts forgeant un peu plus son esprit, l’ouvrant vers d’autres horizons et par la même occasion, le tiraillant en tous sens puisque sa nature même est de servir le Chaos.

Toujours écrit de manière très poétique et d’une écriture assez lourde, le roman, encore une fois relativement court, nous plonge dans un univers à part, complètement différent du premier tome. Les peuples orientaux sont à l’honneur ici. Rapidement, la force est mise de côté pour un mal plus machiavélique encore : la sournoiserie.

Mais la nature même d’Elric n’attend que d’être libérée pour s’adonner à la plus violente des vengeances. Sans non plus d’effusion de sang et de longues descriptions horrifiques, Moorcock décrit son héros torturé comme un barbare qui, s’il ne prend pas plaisir à tuer, ne s’en prive pas non plus, afin d’alimenter son épée maléfique.

Sans être très inquiet de ce qui peut arriver à l’Empereur albinos durant son périple, on se concentre sur les différents préceptes spirituels lancés tout du long, permettant ainsi à Elric d’évoluer un tant soit peu avant son retour dans sa cité.

Si le livre tient sa part de description de lieux ou de personnages, le récit reste dynamique, rebondissant sans cesse mais sans être complètement épique, mis à part sur sa toute fin, où l’on sent tout de même un Moorcock désireux d’en terminer au plus vite pour mieux passer à la suite.

S’il est quelque chose d’assez agaçant à retenir de cette lecture, c’est le nombre incroyable d’utilisation de l’expression « un pli lui barra le front » qui finit par lasser et semble nous avertir que l’auteur commence à tourner en rond. Il faut avouer que l’histoire se déroule toujours de la même manière sans pour autant blaser et laissant la place à ces divers rebondissements.

Certainement moins séduit que sur le premier tome, j’ai pris quand même beaucoup de plaisir à retrouver ce héros atypique que je compte bien suivre dans les 7 récits me restant à parcourir.

dimanche 16 octobre 2016

Cycle Elric, tome 1 - Elric des Dragons (Michael Moorcock)

Cycle Elric, tome 1 - Elric des Dragons (Michael Moorcock)


Elric est l’empereur de l’île de Melniboné. Malade et affaibli, il ne reste en vie que par l’absorption régulière d’élixirs et de drogues. Lors d’une attaque de pirates, il est laissé pour mort par son cousin qui cherche à s’emparer du trône...

Moorcock est un précurseur dans la dark fantasy et dark, ce récit l’est. Tout ce qui peut aller mal ira mal et même si Elric se sort des pires embrouilles, il ne fait aucun doute que l’ombre est toujours présente au dessus de sa tête, telle une malédiction.

Très bien écrit, le récit n’est pas pompeux ni lourd comme peut l’être un certain Seigneur des Anneaux, avis personnel évidemment.

Le récit est assez court, à peine 180 pages mais Moorcock prend le temps d’installer son univers, nous présenter les principales bases et les principaux personnages sans s’épancher plus qu’il ne le faut. On apprend donc les coutumes de ce peuple pour le moins sordide dans un univers fait de sorcellerie.

Moorcock utilise bon nombre de raccourcis qui vont surprendre tout en étant efficace et encore une fois, l’idée n’était pas de faire un roman fleuve. C’est rapide, dynamique, même lorsqu’il se pose pour décrire un mode de vie, un paysage, l’histoire de cette contrée. Les informations affluent sans donner le mal de crâne. Tout est parfaitement maîtrisé.

Les décors ne sont jamais féériques, l’ambiance jamais au beau fixe. Si quelque chose semble bien se passer, ça ne dure jamais très longtemps. Sans pour autant être d’un pessimisme absolu, les aventures d’Elric n’ont rien de glorieuses ni d’héroïques. Disons que son auteur fait tout pour éviter l’épique et rappelle bien que toute bataille fait des morts et que tout amour ne peut être pleinement assouvi.

Elric aura été pour moi une révélation. J’en avais beaucoup entendu parler et je ne regrette pas de m’être plongé dans cet univers sombre où le désespoir pointe son nez à chaque page. Pour une mise en condition, c’est réussi.