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jeudi 1 décembre 2016

Séquestrée (Chevy Stevens)

Séquestrée (Chevy Stevens)


Annie est agent immobilier. Alors qu’elle fait visiter une maison, elle se fait enlever par son client qui l’enferme dans une cabane, elle ne sait où. Commence pour elle un long calvaire…

Mon premier Chevy Stevens et c’est une véritable révélation. L’auteure place déjà le lecteur dans une position très peu confortable, le rendant responsable de tout ce qu’il va lire par la suite : celle du psy de cette femme ayant vécu l’enfer.

Sur un récit à la première personne, Annie va nous expliquer comment un caractère aussi fort que le sien va plonger dans la soumission. Au-delà de la torture psychologique où le personnage ne peut que ressortir brisé, un enchaînement de violence viendra se rajouter à une ambiance déjà très lourde.

Pour le lecteur, il n’y a aucune échappatoire, aucun moyen de respirer ou de se dire qu’il y a toujours un espoir. On aimerait pouvoir entrer dans le livre et tendre la main à cette femme qui a vécu un supplice. On aimerait en finir nous-mêmes avec celui qu’elle appelle « Le Monstre ».

À mi-parcours, Stevens relance son intrigue et nous présente le quotidien de la victime, toujours écrit à la première personne. Mais la tension n’en est pas moins lourde. Condamnée à sombrer, on approche lentement du dénouement que l’on pressentait depuis pas mal de pages. Du moins, je l’ai pressenti. Mais cela n’enlève rien à la puissance de ce récit dans la mesure où l’on est plus focalisé par le traumatisme que nous fait vivre le personnage principal. Car ce n’est pas juste une lecture d’un moment atroce : on vit avec elle ce qu’elle a pu subir.

Très bien écrit, puissant, bouleversant, s’il y avait un seul reproche à faire à ce livre, c’est la façon répétitive dont commence chaque chapitre : « aujourd’hui, j’ai fait ça, docteur ». Certes, j’ai beaucoup aimé tous ces détails de la vie quotidienne, aussi anodins que primordiaux pour rendre le récit authentique mais ces débuts de chapitre sont souvent les mêmes, sauf sur la fin où forcément, ça bouge encore plus.

Sans cela, Séquestrée est un excellent thriller qui nous entraîne aussi bien dans la tête d’un taré que dans celle de sa victime. À lire absolument !

vendredi 14 octobre 2016

La Folie, Histoire et Dictionnaire (Jean Thuillier)

La Folie, Histoire et Dictionnaire (Jean Thuillier)


Non, ce n’est pas « Oui-Oui et la gomme magique », ce n’est pas un Stephen King, un Harry Potter, un Chattam ou autre lecture de complaisance.

Lorsque j’écris sur la folie, ce livre me sert de bible, de livre de chevet. Divisé en trois parties, l’auteur nous donne un tour d’horizon de ce qu’est la folie. Dans un historique très complet, il nous présente son évolution aussi bien au niveau des patients que de la médecine. On passe alors par toutes les époques, témoignages et documents à l’appui.

Dans sa deuxième partie, cette bible va s’interroger sur le devenir de la psychiatrie, son évolution, les interrogations qu’elle apporte aussi bien que les réponses.

Enfin, dans sa dernière partie, un dictionnaire très précis et complet de tous les termes et personnalités ayant un lien à la psychiatrie.

Donc, évidemment que l’on ne se pose dans son fauteuil pour lire ce livre. On le feuillette pour trouver des réponses, pour apprendre, pour appréhender la psychologie et plus précisément les pathologies complexes.
La part historique est bien sûr très intéressante. Elle permet de rebondir sur d’autres sujets, d’autres livres traitant les sujets plus profondément.

Une lecture plutôt lourde donc, réservée aux novices en la matière mais tout de même à un public averti.

dimanche 10 juillet 2016

L'Homme-Dé (Luke Rhinehart)

L'Homme-Dé (Luke Rhinehart)

Luke Rhinehart est un psychiatre qui s’ennuie de sa vie ordonnés et de ses patients à problèmes.
Un jour, il décide de laisser les dés gérer sa vie, déterminant ainsi ses actions en fonction du résultat produit par les cubes.

Un hymne à la liberté et à l’expression de tous les fantasmes, sans retenue aucune, ce livre sort dans une période trouble des USA. Entre la libération sexuelle, l’opposition à la guerre du Vietnam, la légalisation de la marijuana ou encore le soutien toujours plus grandissant aux Black Panthers, L’Homme-dé ressemble très vite à une sorte de manifeste.

Narré à la première personne, il fait office d’autobiographie, ce qui va contribuer à son succès. Cet homme si dérangeant, si cynique, si aigri et pourtant si juste sur le regard qu’il porte sur notre société devient le parfait modèle de liberté, une sorte d’électron libre qui ne s’interdit rien pour le bien de tous et en particulier le sien. Il ne faut pas avoir peur de ses critiques car de toute façon nous les prendrons en pleine face de la manière la plus violente.

Rien n’est autobiographique dans ce livre, bien entendu, mais il n’empêche que le miroir ne fait aucune concession, nous renvoyant une image pas toujours très sympathique à regarder mais toujours vraie.