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dimanche 10 juillet 2016

Rigante, tome 3 - Le Coeur de Corbeau ( David Gemmell)

Rigante, tome 3 - Le Coeur de Corbeau ( David Gemmell)

Que dire sur ce tome 3 que je me faisais un plaisir d’ouvrir avec les excellentes surprises qu’ont été les précédents ?

Déception. Tout simplement. Si l’élément déclencheur reste toujours le même : une jeune femme se fait violemment assassiner (voire pire), faisant basculer le héros dans une rage folle et meurtrière, cela ne dérange pas outre mesure. Mais il semble que Gemmell n’ait pas grand-chose à raconter dans cet opus qui tourne en rond sur plus de 600 pages.

Je ne me suis pas senti aussi immergé dans cette société imaginaire, reflet tout de même de notre Histoire.
Il y a pourtant certains passages où l’on se réveille avec des idées plutôt intéressantes se faisant toujours l’echo de notre propre société. Ici (mais sur quelques passages seulement), l’auteur dénonce la justice partiale et corrompue en faisant directement référence à l’inquisition.

Le côté épique des premiers tomes a disparu, certains personnages nous sont présentés comme importants alors qu’ils sont purement zappés sur les trois quart de l’œuvre pour revenir d’un seul coup à la fin avec autant de questions qui restent sans réponses.

L’idée du peuple vaincu non pas par la guerre mais par son étouffement historique et religieux est certes bien décrit mais pas approfondi. Souvent le lecteur doit se faire sa propre idée des évènements. Alors que l’on pense à une manière de faire durer le suspense, ça devient juste de la supercherie ; une sensation que l’auteur ne sait pas lui-même où il en est ni où il souhaite aller.

Il semblerait en fait que ce tome 3 soit une sorte de bande annonce au dernier volume qui en est la suite direct. Si c’est bien cela, c’est un peu lourd à digérer comme lecture surtout quand on a lu deux tomes très riches en idées, denses et rythmés. Bref, Cœur de Corbeau est tout l’opposé.

Rigante, tome 2 - Le faucon de minuit (David Gemmell)


Rigante, tome 2 - Le faucon de minuit (David Gemmell)
On prend les mêmes et on recommence ? Pas tout à fait. Si Gemmell raconte la suite des aventures des Rigante, il se focalise sur un autre personnage, Bane, fils renié du Roi Connavar. Complots, vengeances, trahisons, tous les ingrédients du premier tome font leur retour mais cette fois, l’auteur narre son histoire d’une autre manière, prenant à contrepied son style sur le premier opus.

Le livre se lit toujours aussi vite. Les « séquences » s’enchaînent à une vitesse folle avec, parfois, des raccourcis quelque peu douteux. Je l’ai trouvé moins trépidant que le premier Rigante, avec moins de passages épiques. Probable que Bane soit moins charismatique que Connavar, avec un destin moins grandiose. Toujours est-il que l’on replonge agréablement dans l’ambiance et que l’on se concentre cette fois un peu plus sur l’ennemi juré des Rigante, le peuple de Roc. Le livre s’oriente aussi un peu plus vers le côté spirituel qui régit cette société faisant écho à la fois aux Highlanders et à Rome.

Quoi qu’il en soit, même si j’ai largement préféré le premier tome qui mettait la barre très haute, ce second volume confirme le brio de Gemmell pour nous plonger dans une épopée dépaysante, violente, cruelle, tout en servant de miroir à la société actuelle.

Rigante, tome 1 - L'épée de l'orage (David Gemmell)

Rigante, tome 1 - L'épée de l'orage (David Gemmell)

Connavar a grandi avec le récit (à moins que cela ne soit qu’une rumeur) de la mort peu glorieuse de son père, disparu sur un champ de bataille alors qu’il tournait le dos à l’ennemi. Le jeune homme a alors fait le serment que jamais son adversaire ne lui verrait le dos, ce qui va conditionner le moindre aspect de sa vie. Fin stratège et puissant, il devient le seul homme à pouvoir empêcher les envahisseurs de Roc d’asservir son peuple.

Les Rigantes sont inspirés des peuples celtiques et gravitent autour des croyances de Seidh, être surnaturels aux objectifs obscures, flous et qui peuvent « programmer » une destinée.

Extrêmement bien écrits, ce premier volume ne se lit pas, il se dévore. On suit l’ascension de Connavar, la progression tant intellectuelle que sauvage du jeune guerrier, au rythme de ces combats tantôt philosophiques tantôt vengeurs, marqués par le sang, la violence et un profond amour pour la justice. On découvre alors un peuple et sa condition, son évolution technique et technologique à travers ce récit s’étalant sur quelques décennies.

Le rythme est enlevé ; c’est prenant, palpitant, brillant, intense et parfois même jouissif. Le côté « magique » ou du moins surnaturel, ne vient jamais supplanter la richesse des personnages et la description de la vie et de l’environnement rigante.

C’est une plongée magistrale dans un univers à mi-chemin entre la fantasy et l’historique. Un dépaysement total !