dimanche 10 juillet 2016

Iceberg (Clive Cussler)

Iceberg (Clive Cussler)


Cussler démarre la seconde aventure de Dirk Pitt de la même manière qu’il avait démarré sa première : avec une situation absolument incroyable, voire carrément impossible. Il nous pousse bien évidemment à nous poser des questions : comment est-ce arrivé ? Pourquoi ? Qu’est-ce que ça cache ? De là, tout peut arriver et son histoire prend soudainement un virage à 180° nous embarquant alors dans des complots politiques sur fond d’espionnage industriels et d’aventures.

Ça fonctionne assez bien de ce point de vue là et Cussler ne manque jamais une occasion pour nous parler d’Histoire ou de secrets gouvernementaux afin de tenir son lecteur en haleine.

Mais là où ça pêche, c’est dans la forme. Son livre est principalement construit sur les dialogues. Les personnages en viennent alors systématiquement à raconter l’action héroïque dont ils ont fait preuve avec force détails et justifications, non sans oubliés qu’ils ont la science infuse. Les dialogues ne sont plus authentiques et les raccourcis ainsi utilisés pour faire avancer l’intrigue éjectent le lecteur du récit, ne lui laissant aucun loisir d’anticipation ou de participation à l’intrigue. Il n’y a rien de cacher, juste un principe tout simple : on ne dit rien et on sort le lapin du chapeau magique en pensant que ça fera son effet ; des twists de la mort qui tuent sur place mais qui au lieu de surprendre donne simplement le goût amer de ridicule. Ça ne fonctionne tout simplement pas puisque l’auteur ne fait rien pour piéger le lecteur ni même le préparer au tour de magie.

À la longue, c’est lassant. De plus, il fait bien sentir que le monde dans lequel évolue le personnage principal n’est pas le notre et date bien de cette époque où l'on ne s'embarrassait pas de détails. Tous les clichés des James Bond d’antan se retrouvent donc dans la mélasse, allant de la beuverie 5 étoiles pas moins au jeu de séduction, manche à balai dans le luc. Le mégalomane au projet aussi fou qu'improbable mais porté de bonnes intentions est digne du pire ennemi de l'agent secret cité plus haut. Seulement, il n'est pas nécessaire de répéter à tout bout de champ que son projet est impossible : le lecteur n'est pas encore assez idiot pour ne pas l'avoir compris dès la première révélation fracassante.
Autant d’éléments qui poussent le lecteur vers la sortie donc.

Il y aura également un certain nombre d’incohérences, de facilités et d’erreurs grossières comme lorsque Dirk Pitt s’étonne de trouver de faux sabres entre les mains des pirates automates de l’attraction phare du parc Disneyland. Que pouvait-il trouver d’autre en somme ?

Quoi qu’il en soit, une lecture facile, avec des situations qui posent assez de questions obligeant le lecteur à aller au bout si sa curiosité l’emportant sur tous ces petits détails qui sont juste risibles.

Cela ne m’empêchera sûrement pas de tenter le voyage sur le Titanic, pour voir comment évolue l’écriture mais bon j’ai quand même été déçu par cette aventure prometteuse de par son lancement.