dimanche 10 juillet 2016

Léviatemps (Maxime Chattam)

Léviatemps (Maxime Chattam)

Chattam nous entraîne dans le Paris du début du 20ème, lors de l’Exposition Universelle. Ce n’est pas pour dépeindre les côtés rutilants de la capitale, loin s’en faut. Il plonge dans les bas-fonds et nous entraîne peu à peu dans les plus sombres aspects de l’être humain.

Son héros nous est d’entrée présenté comme quelqu’un de peu de morale. Pourtant, nous le suivons sans sourciller, curieux de savoir ce qu’il a mis au grand jour et que tout le monde semble vouloir enterrer.
Ce que l’auteur décrit alors n’est qu’un simple écho de notre société actuelle. Se faisant l’émissaire, peut-être même le témoin de notre décadence grâce à ce voyage dans le temps, il critique subtilement nos instincts les plus primaires.

Il joue habilement avec son lecteur, brouillant les pistes et accumulant ainsi plusieurs sujets de perversion. Tout s’entrechoque au point que l’axe principal devient à la fois secondaire et horriblement sublimé par tout le reste. La révélation finale n’en est que plus folle.

Ce que j’ai réellement apprécié dans ce roman, c’est la manière de décrire la vie dans ce Paris de 1900. Extrêmement bien documenté, visiblement, Chattam ne se contente pas de nous faire découvrir cette époque révolue, il nous la fait vivre, avec tout ce qui peut il y avoir d’aberrant pour nous, contemporains, qui avons certainement créé bien pire tout en le refusant.

Ce livre n’est pas forcément intense, ni même un monstre de suspense. Il y a dans ces pages cette atmosphère très particulière, ses personnages énigmatiques et inquiétants, ces lieux étranges, sombres et angoissants qui font que le tout tient la route sans que l’on ait besoin de pousser les explications à fond. Il y a juste ce qu’il faut pour que le lecteur se fasse lui-même l’idée de ce que peut être l’être humain. C’est peut-être cela le plus troublant.